Jour J pour le reportage. C'est ce matin au son du clairon que le binôme de TF1 arrive à la Maison Cassée pour deux jours de tournage.
Un binôme pour équipe, un tramway pour le transport du groupe, un hôtel autoroutier pour les loger, faut croire que chez TF1 l'heure est à l'économie maxi.
Et ben ouais glaire de mouche même dans l'monde très fermé et très superficiel des médias, c'est la crise, ça restrictionne, ça tranche et ça coupe d'onglet, les avantages et les notes de frais sont épluchées avec l'oeil d'un contrôleur du fisc...
Fini l'saumon et l'champagne, arrive le jambon beurre cornichon; fini la suite royale au Crillon ou au Ritz, arrive le Formule 1; fini le Hummer balisé aux couleurs du média, arrive le TGV...à la bourrre.
En attendant l'arrivée des frères Caramazof dépêchés par la chaine nationale, faut quand même continuer à bosser. Toujours au placard histoire de prendre de l'avance sur le retard prévu. Création décoratives losangées dans les portes, montage bien chiant, calage boisif de la joue latérale et lambrissage avec quelques lames restantes de parquet à clouer de second choix pour l'habiller.
Les lames ont été barbouillées avant pose pour éviter d'saloper partout mais surtout en prévision du retrait du bois qui au séchage laisserais entrevoir, au niveau rainures-languettes, le bois brut si peint après pose, forcément.
Des lames voilées et gauches qui m'ont valuent un stress et quelques énerveries non dissimulées.
Ou comment concevoir. Un losange pensé, esquissé sur papier, reporté sur panneau glacé, découpé à scier, peaufiner pour apprécier.
Compas, crayon d'bois et ruban en mètre pour la conception et les tracés; le reste est enfantin.
Le premier travail qu'a consisté en l'évidement de l'anomalie géométrique, a été suivi d'un artifice suplémentaire histoire de chiader l'affaire : des points d'suspension décroissants. Si mon premier demande de pas gauler Parkinson mon second demande d'avoir de la précision. C'est Miss, plus douée avec ses doigts d'fée, qu'a barbouillé l'accordéon boisé; 2 passes ont été nécessaire pour blanchir.
Les panneaux toufrais ajourés.
Les panneaux travaillés, reste à monter l'bazar juste pour voir...
Quelques couacs avec le dormant en médium merdeux vendu avec les lourdes qui présentera des dimensions sur mesures grotesques; trop haut et pas assez large, c'est dire.
Même en jouant avec le débattement des pivots réglables rien n'y fera, montera de quelques mils et pas plus, insuffisant pour masquer le jour entre le haut des portes et la traverse haute du dormant.
L'ouverture révèlera aussi un problème : celui du frottement des chants qui deviendra plus qu'un vague souvenir par quelques coups d'rabot sur les arêtes histoire de donner de l'entrée.
Ces ptits ajustements réalisés, restait à habiller la joue avec les quelques lames issues du plancher, des lames immondément voilées, droites comme un pied d'choux. Façon bourrin pour réussir à les emboiter en rafale accompagné de jurons urbain légitimes...
Le placard en cours de réalisations.
Une penderie à droite, des étagères partout ailleurs. Les agencements serons confectionnés dans les même lames de parquets. Le vide au-dessus du placard sera occupé par des paniers d'osier dans lesquels le couchage hivernal sera stocké.
Faudra encore se rendre pour Miss chez l'Abbé national pour y chiner les deux poignées nécessaires à l'ouverture des portes amoureusement ajourées et magnifiquement posées, amen...
L'équipe de tournage est arrivée au Château. Cette première journée a été un véritable sprint, journée éprouvante, marathonesque,
stressante nerveusement parlant. Te ferais un topo de tout ça quand serons rentrés chez eux. Pour l'heure j'te laisse vieux chameau pour m'en aller faire pioncer pèpère et m'préparer à la
deuxième mi-temps prévue demain au chant du coq...








BLA BLA...